Détermination

Cette plante, herbe vivace ou arbrisseau, est très variable avec la pluie et avec les saisons.
J'ai retenu comme critère de détermination que les feuilles grasses étaient portées par un court pédoncule et que la forme des feuilles pouvait varier depuis une petite sphère jusqu'à un long cylindre.


Répartition au Sahara













Tiges / Feuilles










Boutons / Fleurs






Fruits / Graines




Intérêt pastoral
Brouté par les dromadaires.
Usages ethnobotaniques
Pour teindre les peaux de chèvres en noir en 20/25 jours.
Références botaniques
Théodore Monod a livré une étude des Suaeda dans son étude sur la Flore du Banc d'Arguin, pages 46-54. Il y conclut notamment que le Suaeda monodiana qui lui a été dédié par Maire est en fait un synonyme de S. vermiculata.
J'ai soigneusement comparé un grand nombre de photos de Suaeda "vermiculata" du Tafilalet avec des Suaeda "monodiana" de Mauritanie et j'ai, moi aussi, conclu qu'il n'y avait qu'une seule espèce variable en fonction des conditions climatiques et de ses stades de croissance.
floramaroccana.fr | Alain Dobignard => Suaeda vermiculata
floramaroccana.fr | Alain Dobignard => Suaeda monodiana
africanplantdatabase.ch | (CJB Genève)
gbif.org | Global Biodiversity Information Facility
[Extrait de la "Flore de l'Afrique du Nord" de R. Maire]
Suaeda mollis (Desf.) Del.

Plante vivace. Arbrisseau noircissant fortement à la dessiccation, atteignant 40 cm de hauteur, très rameux dès la base, à rameaux inégaux, ± divariqués, formant des buissons ± denses.
Tiges et rameaux adultes ligneux, à écorce grise, fissurée; ramules jeunes arrondis, verts ou ± teintés de pourpre, puis blanchâtres, glabres ou très brièvement pubérulents.
Feuilles alternes, glabres, très charnues, vertes ou parfois ± glauques-pruineuses, cylindriques, ovoïdes ou même subglobuleuses, aplaties ou convexes sur la face supérieure, obtuses et non apiculées au sommet, ± brusquement atténuées à la base en un pétiole très court, articulé sur une protubérance cylindrique de la tige, de sorte que la feuille apparaît nettement pétiolée, à pétiole articulé au milieu. Feuille présentant sous l'épiderme une seule assise de chlorenchyme palissadique, surmontant une couche de cellules collectrices cubiques, amylifères, entourant une masse considérable de tissu aquifère, au milieu duquel les nervilles sont étalées en un seul plan avec la nervure médiane; réseau de nervilles présentant des terminaisons libres dans les mailles.
Fleurs en glomérules axillaires de 1-3 fleurs ou plus, les centrales ♂♀,les périphériques plus petites et ♀ par avortement. Bractées et bractéoles très petites, membraneuses, étroitement lancéolées.
Fleurs ♂♀ : périanthe vert clair, membraneux, campanulé, ≈ 4 mm diam., à 5 sépales, soudés jusqu'au 1/3, obtus, ± cucullés et infléchis; étamines 5, insérées sur un disque annulaire, à filet subulé; anthères non ou peu exsertes, ovoïdes, 0,751 mm, jaune clair. Ovaire conique, ombiliqué au sommet, avec 3 stigmates libres, subulés, insérés dans l'ombilic, blanchâtres ou rosés. Fleurs♀ plus petites, du reste semblables, mais sans étamines.
Périanthe des fleurs ♂♀ s'étalant à la fructification et laissant voir le fruit; périanthe des fleurs ♀ restant au contraire fermé et cachant le fruit.
Péricarpe membraneux, facilement séparable.
Graine noire, brillante, réniforme, à marge obtuse, verticale ou horizontale, non rostellée, ≈ 1 mm diam.
Floraison : mars-avril, et novembre.
Milieux : Pâturages désertiques ± salés, secs ou un peu humides.
Aire géographique : Egypte. Nubie. Macaronésie. De la Palestine à l'Inde.
***
Suaeda monodiana Maire

Plante vivace. Plante fleurissant la première année puis continuant à se développer pour donner un buisson ligneux, pouvant atteindre 50 cm de hauteur, à grosse racine pivotante, à parties herbacées noircissant peu ou pas par la dessiccation, sauf les fleurs qui souvent noircissent assez fortement; glabre dans toutes ses parties, à tiges et rameaux blanchâtres, à feuilles vertes, parfois glaucescente dans les parties jeunes.
Tige dressée, rameuse dès la base, à rameaux étalésdressés, arrondis ou dressés. Ramules herbacés glabres ou portant quelques poils courts, épars.
Feuilles alternes, sessiles, obovées ou obovées-subglobuleuses, très charnues, ± aplaties sur la face supérieure, très fortement bombées sur la face inférieure, sans marges carénées, arrondies et nullement apiculées, atténuées à la base qui est insérée sur un tubercule cylindrique, très court, qui est articulé avec la feuille et persiste et s'indure après la chute de celle-ci; feuilles atteignant 10 x 3 mm.
Fleurs ≈ 3 mm diam., en glomérules axillaires, pluriflores (jusqu'à 18-flores), rarement solitaires, les centrales ♂♀, les latérales ♀.
Bractées et bractéoles scarieuses, hyalines, ovales à étroitement lancéolées.
Glomérules ne formant pas d'inflorescenees bien distinctes.
Fleurs ♂♀ : sépales 5, concrescents jusqu'au 1/3, ovales, obtus, ± cucullés, infléchis; étamines 5, insérées sur un disque peu saillant; anthères ovées, peu exsertes, jaunes, ≈ 1,5 mm. Ovaire conique, à base large, à sommet déprimé, portant dans la dépression 3 styles filiformes, pourpre-noir, libres, indivis.
Fleurs ♀ un peu plus petites, du reste semblables aux fleurs ♂♀ mais sans étamines.
Périanthe fructifère non ou à peine accrescent, à peine charnu, non étalé, enveloppant ± lâchement le fruit et le cachant incomplètement dans les fleurs ♂♀,plus apprimé et cachant complètement le fruit dans les fleurs ♀.
Péricarpe membraneux, facilement séparable.
Graine verticale ou horizontale sur le même individu, pourpre-noir, luisante, lisse, exalbuminée, ovoïde-subréniforme, ≈ 1.-1,5 x 0,8-0,9 mm, comprimée, à marge subaiguë, au moins à la base, un peu rostellée par la proéminence de la radicule.
Floraison : après les pluies.
Milieux : Pâturages sahariens ± salés, sur le littoral océanique et dans l'intérieur.
Aire géographique : Sahara méridional occidental.
Observations : Cette plante, que nous n'avons malheureusement pu étudier qu'à l'état sec, est certainement très voisine du S. mollis : la structure anatomique de la feuille, autant que l'on en puisse juger sur le sec, est du même type que dans cette dernière espèce. Bien que cette plante paraisse au premier abord bien distincte du S. mollis par son port plus robuste, son noircissement nul ou faible, ses feuilles plus grosses, plus arrondies et non contractées en pétiole à la base, elle en a les principaux caractères, et, mieux connue, elle devra peut-être considérée comme une sous-espèce occidentale de cette espèce. La description princeps, faite sur des spécimens insuffisants ne mentionne pas les tubercules sur lesquels s'insèrent les feuilles. Ces tubercules, souvent peu saillants, existent cependant et persistent après la chute des feuilles.



